Biographie

20431 Courtesy Krishnamurti Foundations (1978)

Biographie de Krishnamurti

Jiddu Krishnamurti est né le 11 mai 1895 à Madanapalle, une petite ville d’Inde du Sud.

Annie Besant, alors présidente de la Société Théosophique, proclamant qu’elle-même et quelques autres reconnaissaient en lui l’Instructeur du Monde dont les théosophes avaient prédit la venue, l’adopta encore enfant, ainsi que son frère. Pour préparer le monde à cet avènement, une institution mondiale - l’Ordre de l’Etoile - fut créée, et le jeune Krishnamurti mis à sa tête.

En 1929 cependant, Krishnamurti renonça au rôle qui lui était imposé, prononça la dissolution de l’Ordre aux innombrables disciples, et rendit l’argent et les biens qui avaient été donnés à l’œuvre.

Ensuite, et durant près de soixante ans jusqu’à sa mort le 17 février 1986, il voyagea à travers le monde, expliquant, à des publics nombreux comme à de petits groupes, l’urgence d’une transformation radicale de l’humanité.

Krishnamurti est globalement considéré comme l’un des plus grands penseurs et maîtres spirituels de tous les temps. Il ne proposait aucune philosophie ou religion, mais abordait les réalités de notre existence quotidienne, les problèmes de la vie dans une société moderne de violence et de corruption, la quête individuelle de sécurité et de bonheur, et la nécessité pour l’humanité de se libérer des fardeaux intimes de la peur, de la colère, des blessures et de la souffrance. Il expliquait avec minutie les subtils mécanismes de l’esprit humain, et insistait sur la nécessité d’introduire une qualité profondément méditative et spirituelle dans notre vie de tous les jours.

Krishnamurti n’appartenait à aucune organisation, aucune secte, à aucun pays, ne s’inscrivait dans aucun courant de pensée, politique ou idéologique. Il affirmait tout au contraire que ce sont là les véritables facteurs qui divisent des hommes et entraînent les conflits et les guerres. Il rappelait sans cesse à ses auditeurs que nous sommes avant tout des êtres humains et non des hindous, des musulmans ou des chrétiens, que nous sommes l’humanité et ne sommes pas différents les uns des autres. Il recommandait de fouler cette terre avec respect, sans nous détruire ni détruire l’environnement. Il communiquait à ses auditeurs un profond respect pour la nature. Ses enseignements non seulement transcendent tous les systèmes de croyance créés par l’homme, tous les nationalismes et tous les sectarismes, mais encore donnent une nouvelle signification et une nouvelle direction à la quête de vérité de l’humanité. Son enseignement, chargé de sens dans ce monde actuel, est en même temps intemporel et universel.

Krishnamurti ne parlait pas en gourou mais en ami. Ses causeries et dialogues ne reposaient pas sur une base de savoir et de tradition mais sur ses propres perceptions de l’esprit humain et sa vision du sacré, et donc son expression était toujours directe et nouvelle, alors même que la substance de son message restait inchangée au cours des ans. Quand il s’adressait à un public nombreux, les gens avaient la sensation que Krishnamurti leur parlait personnellement et traitait de leur problème particulier. En entretien privé, il était un maître plein de compassion, écoutant avec attention l’homme ou la femme qui venait à lui dans l’épreuve, les encourageant à trouver eux-mêmes leur guérison dans la compréhension. Des religieux découvrirent que ses paroles jetaient une lumière nouvelle sur des concepts traditionnels.
Krishnamurti releva le défi d’hommes de science contemporains et de psychologues et, pas à pas, pénétra avec eux dans leurs théories pour en discuter, et les aida parfois à en discerner les limites.

Krishnamurti a laissé derrière lui un vaste corpus littéraire sous forme de causeries, d’écrits, de discussions avec professeurs et élèves, avec des hommes de science et des religieux, de conversations privées, d’interviews radio et télévision, et de lettres. Une grande partie a été publiée, sous forme de livres ou d’enregistrements audio et vidéo.

Une information plus complète peut être trouvée dans les biographies de Mary Lutyens et de Pupul Jayakar.